vendredi 14 février 2014

Angels - Ca Mau - 14.02.14

Le Vietnam ? Une confession : j'y vais à reculons.
Sur la base de tous mes amis voyageurs : oui, c'est beau mais les vietnamiens sont de loin les moins sympas de la région de l'Asie du Sud-est. Peu souriants, toujours prêts à t'arnaquer.

Moi qui tente de mettre l'accent sur les rencontres humaines, le Vietnam ça donne pas très envie.
Alors j'enfile mon gilet anti-gueule de cons et me prépare à entrer au Vietnam.

Je pars de Ban Lung au Cambodge pour Pleiku dans le centre du Vietnam.
Avec passage à la frontière à pied.
Et là, la chose à laquelle je m'attendais le moins est arrivée.
Après avoir rempli son registre et rendu mon passeport, l'officier de l'immigration me sort un : « welcome to Vietnam » ! Avec un grand sourire en prime !?

Première minute au Vietnam et première impression positive. Je suis plus que surprise mais je reste sur mes gardes.
Les vietnamiens sont peut être malins au point d'avoir mis en place un stratagème pour que je pense qu'ils soient sympas et moi, crédule, devient la proie du prochain vietnamien qui croisera ma route pour mieux m'arnaquer !

Non, non, et non. Les viets ne sont pas sympas et je ne me ferai pas avoir par le sourire tout gentil de l'officier ! Oh mais, je suis pas une proie facile, moi !

Après ce stop un peu perturbant à la frontière, je continue vers Pleiku. Une ville dans le centre du Vietnam, qui n'offre que des activités touristiques limitées.
Il y a cependant des tribus susceptibles de m’intéresser et je me rend dans une agence de voyage pour me renseigner.
Le petit gars d'une vingtaine d'année derrière son comptoir m'explique que la visite de ces villages ethniques est soumis à un permis spécial. Et que les minorités aujourd'hui ont perdu leur identité et que les villages ressemblent à n'importe quel autre au Vietnam.
Il me décourage donc un peu. Je décide de descendre à Saigon le soir-même par bus de nuit.

Oui, mais je le prend à quelle heure ce bus ? Et je le réserve où ? Et il part de quelle gare routière ?
Ah et puis j'ai faim, où aller ?

Alors, mon petit gars n'hésite pas à secourir la touriste hystéro-désemparée que je suis, me tend un casque et me trimbale à travers la ville de Pleiku sur son scooter pour ; par ordre de priorité : me nourrir, m'acheter le billet du bus, m'emmener dans un magasin de téléphonie pour m'acheter une carte sim. Et puisqu'il me reste du temps avant de prendre mon bus, il me conseille un petit massage dans un endroit super ! Bref, il lit dans mes pensées.
Je vous présente Binh, mon 1er ange gardien au Vietnam.

Et je commence sérieusement à enlever mon gilet pare-gueules de cons quand le chauffeur du bus me lance un nouveau « welcome to Vietnam! ».

Le bus de nuit au Vietnam, c'est quand même autre chose qu'au Népal (je reste un peu traumatisée..).
Là, c'est 3 rangées de couchettes, une en bas et une en haut. Et prié d'enlever ses chaussures avant de monter svp !

En revanche, devinez ce qui ne change jamais ? The karaoké of course !
Attention aux tympans, là c'est Abba version Viets à l'ambiance kitchissime.



Sinon, quand la télé s'arrête enfin, on peut relativement dormir.
J'arrive à Saigon, alias Ho Chi Minh Ville,, au petit matin. Prendre un Xe om (moto-taxi local) avec ma grosse valise dans les rues au trafic impressionnant a été une épreuve mais je suis arrivée saine et sauve dans le quartier des backpackers (à éviter, d'ailleurs je changerai dès que possible).

Je rencontre le soir même l'ami d'un ami français. Physique de basketteur (logique, c'est un ancien pro), tentant l’expérience expat au Vietnam, je m'en remets à lui pour visiter la ville.
Et c'est donc derrière sa moto (qui décédera quelques jours plus tard. RIP) que je parcourrais la ville. Je ne serais jamais assez reconnaissante envers celui qui me fera découvrir Saigon. Je vous présente Christian. Mon 2ème ange gardien au Vietnam.



Saigon est une ville très étendue, que j'ai trouvé très moderne, très.. propre.
Oui bien sur, c'est le bordel dès qu'on se trouve sur les routes avec ses milliers de motos mais à part ça, c'est... sans âme.
Ça ne veut pas dire que c'est laid. Saigon ne m'a juste pas touchée.
J'en ai quand même profité grâce aux nombreux restos d'expats présents (un magret de canard!!) et aux terrasses qui surplombent la ville et qui offre une vue saisissante sur la ville. (bon, je ne vous raconte pas le moment très embarrassant où j'ai été refoulé à l'entrée du roof top le plus chic de la ville car je portais des tongs..)



Saigon, la plus occidentale des villes d'Asie du Sud-est ? C'est en tout cas l'impression que j'ai eu.

Ho Chi Minh partout, même au sein de la poste principale

Notre Dame de.. Saigon
Mais le Sud me titille. Et comme je n'ai pas vraiment préparé ce voyage, je choisis un peu au hasard et me retrouve à Ca Mau, une des villes le plus au sud du Vietnam.
Pourquoi Ca Mau ? Parce que ça me semble une ville en dehors du circuit classique et que j'ai besoin de ne pas voir d'occidentaux pendant quelques jours.
L'inconvénient de choisir ce genre de destination ? Personne ne parle anglais..
Et si mon petit guide de conversation m'est bien utile pour demander : « j'aimerais aller à Nam Can, comment faire pour y aller ? », le guide ne me donne pas la traduction de ce que me répond le gars de la réception de mon hotel !
Après moults tentatives, je comprends enfin comment me rendre à Nam Can, petite bourgade où l'on se rend en avatar de vaporetto.



Nam Can est une ville moitié sur l'eau, moitié sur la terre. J'y débarque car je veux aller voir les mangroves alentours.



Et encore le même problème se pose. Tout le monde semble content de me voir mais personne ne parle anglais. On se regarde en souriant, impuissants.
Et dans ces cas là : je me pose toujours la même question : « Mais qu'est ce que je suis venue me foutre dans cette galère ?? »

Mais encore une fois, ma bonne étoile vient à ma rescousse. Elle prendra l'allure ce jour là d'un vietnamien retraité qui vit aux etats-unis et qui est en vacances à Nam Can pour voir sa fille. Je vous présente M. Lee, mon 3ème ange gardien au Vietnam.

M. Lee

J'enlève définitivement mon gilet anti-gueules de cons et arrive à la conclusion surprenante que oui, les vietnamiens sont sympas ! Très sympas en fait.
Je veux dire, quand vous vous baladez dans un marché et que les vendeurs traversent la rue pour vous donner des fruits sans que vous n'ayez rien demandé, n'est ce pas la preuve de leur gentillesse ?



Quand on prend son petit et qu'on le fait danser devant moi, n'est ce pas l'évidence de leur bienveillance à mon égard?



Donc, oui, les vietnamiens sont adorables. Je ne m'y attendais pas mais il faut bien l'admettre au bout d'un moment.
Nam Can sera l'occasion de découvrir les mangroves. Ce décor un peu flippant de marais avec ces milliers de palétuviers aux racines-échasses est impressionnant à visiter.

Et donc M. Lee et moi parcourons cette mangrove et découvrons des centaines de cigognes et autres oiseaux qui me sont inconnus et qui ont envahi cet éco-système si nécessaire. (si jamais vous y aller pour observer les oiseaux, le mieux est d'y aller vers 17h.)



Comme on doit changer de bateau pour aller dans la mangrove, on s'arrête dans une maison au bord de l'eau. Je suis curieuse de savoir de quoi ces gens vivent au milieu de cet environnement plutôt inhospitalier.
Donc à part garder en cage des espèces quasiment éteintes telles que ce pélican à bec tacheté...



Ou d’élever des cochons sauvages...



Ils me montrent aussi... humm.. je vous dis rien, je vous laisse la surprise de découvrir cela dans la vidéo.



En résumé, une excellente journée à Nam Can et je réalise la chance que j'ai eu de tomber sur M. Lee.
Trajet retour en Vaporetto pour Ca Mau qui sera l'occasion de constater que beaucoup profite de cet environnement pour pécher.






ou pas...


Le lendemain, j'opte pour la visite de la forêt U-minh. La plus grande étendue de mangrove au monde après l'Amazonie s'il vous plaît.
Encore des mangroves donc mais à l'aspect différent de celles de Nam Can.




1 minute de vidéo pour vous faire une idée.





Ces mangroves ont été utilisées pendant la guerre du Vietnam. Son surnom à l'époque était « la forêt obscure ». Des bateaux américains y circulaient alors et l'armée vietnamienne a posé des mines un peu partout. Les américains ont répondu chimiquement ce qui a détruit l'éco-système de la mangrove.
Trop bien la guerre...

Il n'empêche, il y a encore des mines non-explosées dans la mangrove donc faut pas trop jouer les explorateurs.

Quelques instantanés sur le chemin du retour à Ca Mau:






En conclusion : Si vous recherchez une destination en dehors des sentiers battus dans le sud, Ca Mau est fait pour vous. A mon avis, il y a beaucoup à explorer dans la région. Mais s'armer d'un bon guide de conversation! A condition de tomber sur des anges gardiens...

Infos pratiques :
  • Hotel Saigon : M&M hotel : très bien placé. 350 000 d. ou 500 000 d. selon que vous vouliez une petite ou grande chambre (lit pour 2 personnes dans les 2 cas). Proche des restos d'expat. Wifi/eau chaude/Petit dej inclus.
  • Bus Saigon-Ca Mau (très fréquents) : 8h de trajet. 205 000 d.
  • Hotel Ca Mau : Hai Chau Hotel – chambre simple très correcte pour 280 000 d. wifi/eau chaude/petit dej inclus.
  • Vaporetto pour Nam Can : 35 000 l'aller.
  • Tour dans la mangrove (2 heures en tout) : 250 000 d.
  • Xe om aller-retour pour U-Minh : 200 000 d.
  • Entrée parc national U Minh : 20 000 d.
  • Tour U Minh : Le gars me demandait 200 000 d. mais j'estimais que le tour était trop rapide (à peine 30 min) donc je ne lui ai laissé que 150 000 d. Comparé au tour à Nam Can, c'était déjà bien payé.

Ah et précision. Bien que tout le monde ait Facebook au Vietnam, de nombreux hotels ou restaurants vous refuseront l'accès au réseau sur votre PC. 2 solutions : si vous avez un téléphone, essayez avec, en général ça marche.
Sinon, tapez m.facebook.com ou alors o.facebook.com.

Allez, pour illustrer cet article,  rien de mieux que le titre de cette chanson pour rendre hommage à mes anges gardiens du Vietnam.





Merci de me lire (et de me laisser des commentaires..)

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Comme quoi, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

Merci pour ce premier post sur le Vietnam qui donne envie d'y aller faire un tour. Moi j'aime beaucoup la sérénité presque angoissante des
mangroves.

Continue à nous faire voyager. C'est toujours un plaisir.

Pierre

Anonyme a dit…

C'est dingue comme finalement un voyage tient aux personnes que l'on rencontre.

Qu'aurait été cette première expérience au Vietnam si tu n'étais pas tombée sur tes anges gardiens?

Vite, un nouveau post sur le Vietnam!

Camille

Anonyme a dit…

je ne sais pas si tu me liras... bien sur dès les premières images de mangroves je pense à ces jeunes GI débarqués de leur middle west et les souffrances dans cette nature inconnue et hostile, combien ont du pleurer dans le creux de leur bras.
Et oui tout tient à un fil et tes rencontres on changé ton regard sur ce pays.
il est beau ton chapeau viet!
1000 baisers

Baptiste Fayol a dit…

Oui les Vietnamiens sont très sympas, surtout en dehors des zones touristiques !
Je travaille à Saigon pour deux mois et j'aime bien cette ville !
J'habite dans le D1 à l'écart du quartier des touristes et c'est très bien, très propre et développé, beaucoup plus que Hanoi (ouf..)

baptisteauvietnam.wordpress.com