dimanche 17 février 2013

Oh jolie poupée - New Delhi - 18.02.13

Bon, je vais pas tortiller du stylo pendant 107 ans pour avouer que Delhi, c'est moche. Même si j'aurai une belle surprise mon dernier jour..

Premières impressions: en sortant de l'aéroport où un jeune chauffeur m'attendait, je m'étonne devant le calme relatif de l'autoroute flambante neuve, où les véhicules ne se jettent pas les uns sur les autres, où les rickshaws sont absents, où les klaxons sont muets (!!!???).

C'est bien simple: j'ai cru ne pas avoir atterrie en Inde pendant 5 minutes.
Puis on est sorti de l'autoroute aseptisée: le chaos, les klaxon et le bordel indien ont repris leur droit. Me voilà rassurée...

D'autant que mon chauffeur décide de me donner des frissons dès mon arrivée. Testant ses qualités de kamikaze, il se lance à contre-sens sur une route à 3 voies en jouant du klaxon pour aller plus vite à une station-essence.. Normal. Même pas peur.

Les voitures, bus, rickshaws, charrettes, vélos, tricycles, piétons, motos, slaloment au son incessant des klaxons. Oui, je suis en Inde, mais l'Inde bruyante, sale, poussiéreuse; fourmilière humaine géante à laquelle s'ajoutent vaches agressives (j'y reviendrai..), rats fuyants, chiens errants, singes chipeurs et brebis frileuse.


 
  
Me voilà donc dans ce joli foutoir, tentant de récupérer de mes 20 heures de voyage.
J'évite les grandes artères stressantes pour tenter de me réfugier dans les petites ruelles mais c'est pas non plus facile de circuler.




L'occasion en tout cas de vérifier une nouvelle fois que les meilleurs électriciens au monde ne se trouvent pas à Delhi. Les fils pendouillent de partout, ça aurait rendu fou Claude François..




Je visite également le Fort rouge, vestige de l'empire moghol, sous un ciel gris et brumeux, presque triste.

 
 





Sympa mais j'ai pas été impressionnée. Moins en tout cas que le tombeau d'Humayun, construit par sa veuve éplorée, pendant féminin du Taj Mahal qui s'en inspira. Ils plaisantaient pas en terme de preuve d'amour au 16ème siècle!

La pluie sur Delhi ayant du bon, il n'y a presque pas de visiteur et ce calme relatif m'apaise un peu !






Avant de relater ma dernière journée pleine de découverte, il faut quand même que je rajoute un épisode à la saga « mais pourquoi cela n'arrive qu'à moi ? ».

Je me balade vers Main Bazar près de mon hôtel pour chercher un boui-boui où diner. Aux klaxons se mêlent le bruit des fanfares. Ces dernières accompagnent les mariés à cheval et leurs invités qui dansent en transe au milieu de la rue. La circulation en est encore plus difficile, si cela est possible d'atteindre ce niveau d'anarchie.

En voulant éviter un rickshaw qui a décidé de foncer sur moi, je frôle une énorme vache.
Et ça, je ne sais pas pourquoi, cela n'a pas du tout plu à Madame. Elle me donne alors un violent coup de tête dans le fessier qui m'a fait bondir d'un mètre sous l'effet de la surprise ! V'là les indiens qui se marrent bien.
Dans mon malheur, j'ai eu de la chance, celle-ci n'avait pas de cornes et je m'en sors donc qu'avec un petit bleu.

On va dire que j'ai pris son petit coup de tête comme un signe de bienvenue dans le pays!

Delhi donc, vous l'aurez compris et comme je m'en doutais, ne me plait pas vraiment. Et ce, même si je m'éloigne des artères touristiques.

C'est alors que me vient la lumineuse idée d'aller visiter Kathputli colony, le bidonville des saltimbanques, marionnettistes, acrobates, chanteurs et musiciens.
J'avais lu un reportage sur cet endroit atypique. Je décide donc d'aller m'aventurer dans ce bidonville de 2800 habitants et qui héberge les "bahtt", du nom de leur caste, venant pour la plupart du Rajasthan.

Ici au moins pas de touriste car aucun guide ne mentionne cet endroit hors-norme. Mais alors quand je rentre dans le bidonville, les regards inquisiteurs, mais dénués d'agressivité, se posent sur moi: Mais que vient faire cette étrangère ici?

Un homme me demande alors de le suivre dans les dédales des rues boueuses de ce bidonville.
Il m'emmène voir Jagdish, figure emblématique de Kathputli, marionnettiste de père en fils depuis 7 générations et qui se produit jusqu'en Europe.



C'est lui qui me fera office de guide.
Mais il me montre tout d'abord ses précieuses marionnettes.

 
 
Qui prendront vie grâce au talent de son grand fils, lui aussi poursuivant la tradition familiale.





Puis Jagdish me guide dans le rues du bidonville où les façades colorées semble compenser la grisaille de la misère.
De toutes petites rues boueuses où parfois il est difficile de se croiser.




Mais les gens sont souriants et les gamins friands de photos.










Au détour d'une ruelle, on croise un petit atelier en plein air de fabricants de jouet. Un peu de bambou, de vieilles étoffes, des mains de lutin et le tour est joué.




Voilà donc mon plus beau moment à Delhi, déambuler dans les ruelles de Kathputli, menacé de destruction dans les prochains mois..

Je finis donc ma première étape indienne sur cette belle découverte.
(En revanche, comme à mon habitude, je me tape un mix rhume/angine à cause de la pollution et de la poussière ambiante. Youpi!

Je pars à Bikaner en train de nuit où je vais rêver de jolie poupées.


Bonus, comme d'habitude, le titre de chanson qui va bien avec le post. Comment ne pas penser à "Jolie poupée" du talentueux Bernard Menez. Sa prestation proposée chez Drucker dans la vidéo ci-dessous, est... merveilleuse.



Merci de lire une rescapée de coup de corne de vache sacrée.



7 commentaires:

Manue a dit…

Merci mon Emilie de nous faire voyager! Ton article est "géantissime" comme toujours!
J'aime tes photos des ruelles avec les fils electriques mais surtout tes portraits. Le petit garcon au fichu vert est attendrissant avec ses grands yeux noirs un peu tristes.
besosss
manue

Anonyme a dit…

Je reprend la lecture de tes articles avec plaisir.
En effet, la visite de ces marionettistes a du être un moment unique.
Merci de nous le faire partager.

Julien

Anonyme a dit…

te voilà repartie pour un tour et nous avec toi.
la seule chose triste c'est la démolition annoncée de ce bidon ville.
tes portraits sont toujours aussi parlants. Les as tu fais avec le canon?
Mille baisers
Mam

Anonyme a dit…

Haaa comme c'est chouette de te lire !!!
ça me fait m'évader le temps d'un instant de ma chaaaaaammmmbbbbbreee que je n'ai presque pas quitté depuis plus d'une semaine !!! Ma seule sortie : le kiné à St cannat youpiiii !ou les prises de sang à St cannat town youpiiiii ! donc si tu veux on échange moi je veux bien me prendre tous les coups de tête de vaches sans corne que tu veux !!!! Mais te connaissant tu vas vite relativiser et te dire que finallement ces "petites misères" ne sont pas si grave !! LOL
en tous cas merciiiiii merciiii merciii gros bisous et à très vite j'en ai besoin de ta drogue là !
@ude

Anne-charlotte a dit…

WAOOOHHHH ces photos! merci pour ce voyage de ma chaise de bureau à Rungis :-)
un besito
Anne-Charlotte

alain sautot a dit…

Pas de jour sans belle surprise en inde!
Les marionettes c'a à du etre fabuleux..
Bonne continuation vers Bikaner.

Unknown a dit…

Et voilà jean mi t' à porté la chkoumoune avec son histoire de vache qui encorne....
Be careful ma choupinette!!! Heureusement qu'elles sont sacrées ;-)))
Groooooos bisoussssss